Soyez rationnel devenez catholique, de Matthieu Lavagna

1er janvier 2023

Si le but de ce livre, véritable encyclopédie apologétique, n’est pas de donner la foi - seule une rencontre personnelle avec Dieu le peut -, il prépare néanmoins le terrain de cette rencontre…

En effet, il permet de lever de nombreux préjugés contre la foi - catholique notamment - mais également, dans un monde où le relativisme règne en maître, de s’ouvrir à la possibilité d’une vérité absolue.

Par ailleurs, il offre aux croyants le moyen de nourrir intellectuellement leur foi pour qu’ils soient toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui les anime, comme le demande Saint Pierre…

Car la foi, si elle est une vertu théologale, c’est-à-dire un don de Dieu, est également un acte de volonté et une relation de confiance qui doit être éclairée par l’intelligence et la connaissance de son contenu doctrinal.

La première partie de l’ouvrage se concentre sur les raisons de croire en Dieu de manière générale.
Le principal argument porte sur la nécessité d’un être qui soit la cause de tous les êtres contingents (qui requièrent une explication externe) ; un être nécessaire, donc, qui soit dépourvu de toutes limites arbitraires : un être par conséquent parfait , omniscient, omnipotent, immatériel, éternel, libre…
L’argument suivant est l’argument moral : le fameux « si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Si l’homme est le seul maître à bord, c’est lui qui définit la vertu, et celle-ci est alors relative aux différentes cultures. S’il n’y a pas d’obligation morale objective, tout est donc relatif et c’est alors la raison du plus fort qui l’emporte.

Si tout se vaut en effet , pourquoi la vie d’un Maximilien Kolbe serait elle plus exemplaire que celle de ses bourreaux nazis… et pour quelle justice au bout du compte ?

Bien d’autres arguments sont développés, mais en définitive

si Dieu n’existe pas, notre existence est absurde.
 

Et le désespoir qui en découle conduit soit au suicide, soit à ne pas y penser en jouissant de la vie autant que faire se peut, soit comme le propose l’existentialisme de Sartre, de construire soi même le sens de sa vie et ses propres valeurs - mais avec le risque du relativisme déjà mentionné.

De là se pose la question : s’il existe un seul Dieu, pourquoi plusieurs religions ?

Après avoir évacué les religions qui s’apparentent au panthéisme, pour les fameuses raisons ayant trait à l’être nécessaire, l’auteur aborde le monothéisme, et plus particulièrement le Christianisme.
Dans un premier temps, il rappelle toutes les preuves de l’existence de Jésus, personnage historique pour lequel on possède plus de sources fiables que pour bien d’autres personnages de l’antiquité - tel Jules César - dont l’existence n’est pas mise en doute.
Il évoque ensuite la fiabilité du Nouveau Testament, dont les principaux manuscrits sont authentifiés dès le 1er siècle par les Pères de l’Eglise dits apostoliques. En outre, il remarque que les évangiles synoptiques ont forcément été écrits avant la destruction du temple (70 après Jésus Christ), sinon les évangélistes en auraient obligatoirement parlé pour montrer que la prophétie de Jésus à ce sujet s’était réalisée… or ils ne mentionnent que la prophétie.
Par ailleurs, les évangiles possèdent de nombreux éléments descriptifs, historiques et géographiques d’une grande précision, bien différents en cela des évangiles apocryphes, plus portés sur le folklore à caractère merveilleux.

Mais le principal argument en faveur de l’authenticité des quatre évangiles canoniques est que leur contenu est beaucoup trop contre-productif pour qu’il s’agisse d’un mensonge. En effet, si l’on veut inventer une histoire, on évite en général de se ridiculiser !

Annoncer un Dieu qui meurt lamentablement sur une croix n’est déjà pas très porteur, mais se décrire comme des incrédules apeurés, des lâches et des traîtres , qui reçoivent l’annonce de la résurrection de la part de femmes (que valent les paroles des femmes à cette époque ?!) l’est encore moins.
Ensuite, si l’on peut mourir pour une idée fausse, on ne meurt pas pour un mensonge qu’on a soi-même inventé ! Or tous ou presque sont morts martyres.
Enfin, Jésus a bel et bien prétendu être le Messie ayant une autorité égale à Dieu : il pardonne les péchés, modifie la loi de Dieu révélée à Moïse, etc.

C.S Lewis disait « Un homme simplement homme et qui prétendrait ce que Jésus a prétendu, ne pourrait pas être un grand maître spirituel. Ce serait un fou ou un imposteur… »
Or il est difficile de penser qu’il était fou, vu par ailleurs la sagesse de ses propos reconnue universellement. Et s’il était un imposteur, pourquoi aurait il supporté d’être torturé et mis à mort pour une chose qu’il savait être fausse ?
« Jésus ne nous a pas laissé cette alternative » poursuivait C.S Lewis .

Il était donc ce qu’il disait : le Fils de Dieu.

De plus, le linceul de Turin vient à notre époque corroborer tout ce qui est écrit au sujet de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. Outre les nombreuses observations qui attestent les sévices de la passion, on peut remarquer qu’il n’y a aucune trace de putréfaction, ce qui prouve que le corps est resté très peu de temps ; aucune trace non plus d’arrachement des fibres, comme si le corps s’était subitement désintégré. De plus, l’image en 3D (produite par une brûlure superficielle non déformée, un rayonnement très spécial) correspond à la projection d’un corps en apesanteur.

Bien d’autres miracles au cours des siècles : miracles eucharistiques, apparitions mariales, sont autant de faits sur lesquels peut s’appuyer notre foi quand notre raison, en définitive bien limitée, cale devant un si grand mystère…

« Si j’hésite, foi prends la barre, raison veille si je m’endors », disait l’écrivain Henri Ghéon.

Car comme le rappelle Jean Paul II en introduction de son encyclique Fides et Ratio :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même. »